jeudi 22 juin 2017

Manifeste

Présentation du blogue. 


J’écris comme je parle, dans mon français métissé. Parler plus qu'une langue, c'est être condamné à une vie de chimère. Je m’y plais. C’est une magie ancienne de passer entre les miroirs. Les lecteurs et autres vagabonds solitaires la connaissent bien. Écrivaine en herbe et esthète, je suis une de ces personnes qui parle souvent derrière une cotte de maille de citations. Qui décoche des guillemets comme des flèches. En retrait. J'aime trouver un passage qui prend le pouls exact d'une réalité. C’est familier, c’est rassurant. Ça me soulage. Genre : ah, toi aussi tu comprends.

Je veux apprendre à me servir de mes mains. M'aventurer hors-piste. Me salir sans me soucier des regards. M’éloigner de moi-même pour me rapprocher du reste. J’ai envie d’écrire sur les mondes entre lesquelles je vis. Sur cette coulisse incertaine où je persiste à croire que la roche vaseuse est un géant endormi, le june bug un mimitisme de fée, le rhinocéros une licorne. J’ai envie de retrouver ma révérence pour le non humain. Nos cousins.

Par-dessus tout, je veux la magie à l'étendue sauvage. Les barreaux et les vitrines m’échoeurent. Je ne cherche pas d’allégories, et je ne veux pas d’animal de compagnie. Toucher les ailes d’un papillon le condamne.

Avant le jardin, la jungle. 


Hieronymus Bosch. Le jardin des délices (détail). 1494-1505. Musée du Prado, Madrid.
Cet article a été publié à l'origine sur un domaine désormais échu et a été republié à des fins d'archivage.

Join the conversation!

brèves

© la répvbliqve des lettres.